Cimetière de l'Est

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René NOBILLET

 - © Archives départementales d'Ille et Vilaine

1910-1942

Résistant
Cimetière de l'Est
Section 19C Rang 1 Tombe 4

René Nobilet nait le 16 mai 1910 à Paramé. Sa mère Anne-Marie meurt alors qu'il n'est encore un enfant, et son père, Alcide, travaille dans la marine marchande puis pour décharger les navires sur le port de Saint Malo, il est peu présent. C'est donc sa grande soeur Marie qui l'élève, jusqu'à ce qu'elle se marie et quitte le foyer. René a alors 15 ans, il s'engage à son tour dans la marine marchande, et est fait mousse sur un navire de commerce.

Quelques années plus tard, il est démobilisé. Il rejoint alors sa soeur et son beau-frère à Paris, où il cherche du travail, durant une longue période. Il finit par être embauché comme serrurier dans les ateliers de la SNCF, et demandera une mutation pour Rennes, qui sera acceptée en mars 1939. Il s'installe donc avec son épouse Marie-Louise au 9, rue Jules Simon.

Quelques mois plus tard, quand la guerre éclate, René est de nouveau mobilisé, il rejoint Brest pour être envoyé sur un remorqueur puis un dragueur de mines. En 1940 quand la France capitule, il retourne à Rennes où il reprend son porte de serrurier à la SNCF.

 Il ne tarde pas à entrer dans la Résistance qui s'organise à Saint Malo et à Rennes. Membre de l'Organisation Spéciale puis des Francs-Tireurs et Partisans Français, il distribue des tract et des journaux clandestins, participe à des vols d'explosifs dans des carrières comme celle de Saint Pierre de Plesguin...

René Nobilet est arrêté par la police allemande le 29 septembre 1942 sur son lieu de travail, vraisemblablement victime d'une dénonciation. Incarcéré à la prison Jacques Cartier, il fait partie des 30 jugés par le Tribunal Militaire Allemand FK748 lors du procès qui débute à Rennes, au Palais de Justice, le 15 décembre 1942.

 René y est jugé pour "actes de francs-tireurs", et comme 24 autres camarades, il sera déclaré coupable et condamné à mort. L'Ouest Éclair du 26/27 décembre 1942 titre : " 25 terroristes condamnés à mort par le Tribunal militaire allemand de Rennes ". Le Président du Tribunal justifie ainsi cette sentence : "Les peines qui sont prononcées serviront á la population française, puisqu'elles éviteront á l'avenir de nouveaux attentats... Le tribunal est certain qu'il trouvera la compréhension chez les Français raisonnables". Face à cette annonce, l'émotion est vive à Rennes. Le maire de Rennes François Château, ainsi que l'archevêque, interviennent auprès de la Feldkommandantur pour leur obtenir grâce, mais sans succès.

Le 30 décembre 1942, René Nobilet et les autres résistants sont alors conduits au stand de tir de la Maltière à Saint Jacques de la Lande. C'est là qu'il est fusillé, à 09h47. Il sera inhumé au cimetière de l'Est de Rennes le 27 janvier 1945. En 1946, le Général De Gaulle lui octroie une citation à l'Ordre de la Division, comportant attribution de la Croix de Guerre avec Étoile d'Argent.

 

Son épouse continuera de résister jusque la fin de la guerre, en lien avec le responsable locale : le Commandant Pétri. Son domicile, toujours rue Jules Simon, servira de cachette à plusieurs reprises.