Présentation / Histoire

Présentation

Date d'ouverture : 1789
Superficie : 80 000m² soit 8 hectares
14 000 emplacements :
    •    funéraires : 13 900
    •    cinéraires : 100
Nombre de défunts inhumés :
133 120 défunts inhumés au 1er juillet 2015 ( à partir du 1er janvier 1887, de 1794 à 1886 données inconnues)
1ère inhumation : 1794
1ère concession : 1796
Le cimetière du Nord est un cimetière romantique typique du 19ème siècle. Autrefois appelé le cimetière de l'Espérance et surnommé "le Berlinguin".


 


 


 

Histoire

                                                                                                                                                                          

Le cimetière du Nord reconnu par l' A.S.C.E. cimetière remarquable d'Europe, est la plus ancienne nécropole créée par la municipalité de Rennes. Comprenant 8 hectares, 16 sections et près de 14 000 sépultures, son intérêt tient au grand nombre de personnalités locales qui y reposent, ainsi qu’à la richesse artistique des monuments qu’il protège. Découvrez ce lieu intemporel au cœur d’une ville en mouvement, pour une promenade riche en découverte, en histoires et en émotion.

Avant le cimetière du Nord, il existait à Rennes plusieurs cimetières paroissiaux. Il était d’usage d’inhumer les défunts autour des églises, parfois même au cœur de ces lieux sacrés pour les ecclésiastiques et les nobles. Au milieu du XVIIIème siècle, à Rennes comme partout en France, on remet en question ces inhumations ; les épidémies et de nouvelles pratiques d’hygiène contribuent à ce changement. On souhaite que la cité des morts soit bien séparée de celle des vivants.

Le Parlement de Bretagne impose alors la création d’un nouveau cimetière à Rennes à la Communauté de ville en 1784. Il est exigé que ce site soit aménagé à l’extérieur de la ville, à distance des habitations. Les diverses paroisses sont évidemment hostiles à ce projet. Il faut donc attendre cinq années pour que la ville achète aux moines bénédictins de l’Abbaye de Saint Melaine un champ, dit de l’Estival. Celui-ci se trouve dans le quartier Saint Martin, alors quasi-désert, sur le bord du chemin menant à la ville de Saint-Grégoire. On dit qu’il existait à cet emplacement, il y a fort longtemps, un manoir et une fontaine tous deux appelés « Gros-Malhon », nom que prendra l’avenue bordant la nécropole.

Le cimetière municipal est enfin crée. Les premières inhumations ont lieu dans les années 1790, et divers phases d’aménagement vont organiser l’espace au mieux, si bien que les rennais vont adopter ce lieu nouveau, qu’on appellera parfois le Berlinguin, ou encore le Cimetière Saint Michel de l’Espérance (ce surnom apparaitre au début du XVIIIème siècle, et serait dû à une statue de Saint Michel placée sur le futur dôme d’entrée).

Alors que durant ses premières décennies d’occupation il n’est qu’un terrain vague qu’on finit par border d’un mur d’enceinte, le maire Louis de Lorgeril décide en 1824 d’agrandir le cimetière des rennais et surtout de l’embellir. Il commande alors à l’architecte Adolphe Giraud un aménagement bucolique et grandiose, qui se concrétisera par la création de huit sections au cœur d’un jardin à l’anglaise : espace irrégulier à la végétation foisonnante, offrant un retour à la nature et invitant à la promenade et la sérénité. Pins maritimes, platanes, cyprès et ifs viennent donc border des allées sinueuses offrant une vue toujours différente suivant l’endroit où l’on se trouve.

Et Louis de Lorgeril ne s’arrête pas là. En 1828, il fait voter en conseil municipal la création d’un bâtiment marquant l’entrée du cimetière, afin de rappeler la solennité du lieu comme la beauté qui s’en dégage. Cette fois-ci, c’est l’architecte Charles Millardet à qui l’on confie sa conception. Il crée alors un dôme d’entrée, édifice circulaire à deux niveaux fait de briques et de pierres calcaires. Le rez-de-chaussée est composé d’un passage vouté conduisant au cimetière, où ont été creusés de part et d’autres huit caveaux, destinés à devenir les sépultures de personnalités rennaises jugées dignes de cet honneur par le conseil municipal. Deux hommes y reposent : le général Bigarré, fidèle militaire de Napoléon Ier, et le général Péchot, également membre de l’Armée, ayant servi sous Napoléon III. Si les autres caveaux ne sont pas occupés, c’est que le passage constant des usagers ne permettait pas aux familles un calme nécessaire au recueillement. Cette pratique est donc abandonnée.

De chaque côté, un escalier en fer à cheval conduit à l’étage, organisé en chapelle funéraire, espace circulaire dont l’ouverture sur le cimetière est ponctué par quatre colonnes en granit de Kersanton, offerts par le maire de Lorgeril lui-même. Ce lieu devait servir à prononcer des messes pour les défunts. Hélas, étant ouvert aux quatre vents, les officiers du culte étaient tributaires des intempéries, et à force de journées pluvieuses et venteuses, ces évènements se firent bien rares.

Puis, en 1867, le cimetière du Nord prend la forme qu’on lui connait encore aujourd’hui. Puisqu’il est devenu trop petit pour une ville en pleine expansion comme Rennes, accueillant toujours plus de nouveaux habitants, le maire Amant Robinot de Saint Cyr fait voter l’achat de quatre nouveaux hectares au sud-est de l’espace afin d’en doubler la superficie. C’est au tour de Jean-Baptiste Martenot, architecte de la Ville, de travailler à l’aménagement de la nécropole. Pour conserver une certaine harmonie, il concevra huit nouvelles sections en reprenant le modèle du jardin à l’anglaise que l’on connait déjà. Cette organisation de l’espace est aujourd’hui inchangée.

Aujourd’hui, le cimetière du Nord conserve la mémoire collective de Rennes tel un musée à ciel ouvert. Les grands noms de Rennes se lisent sur les pierres tombales, appartenant à des hommes politiques, des architectes, des peintres et des sculpteurs, des scientifiques, des écrivains et des poètes, de grands commerçants et industriels, ou encore des familles bourgeoises qui réussirent à évoluer au XIXème siècle, quand la ville était alors en pleine mutation urbaine et sociale, et qui nous ont légué d’admirables monuments funéraires telles des chapelles néogothiques, néoclassiques, Art déco… Il est également possible de contempler des œuvres d’art comme des sculptures et des ornements personnalisés, tout en constatant avec curiosité à l’évolution des pratiques funéraires depuis la révolution française, tant les dernières demeures et l’utilisation des symboles funéraires ont changé au fil des siècles.  

 

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